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Toumaï

Présentation

Toumaï, « espoir de vie » en langue gorane, est le surnom d’un crâne fossile de primate découvert en 2001 au Tchad. Il a conduit à l’hypothèse d’une nouvelle espèce, chaînon manquant entre le singe et l’homme. D’hier jusqu’à un futur proche, cet espoir de vie perdure dans notre humanité, en incarnations toujours inattendues et protéiformes.

Dans sa nouvelle création, Thierry Smits nous invite à partager un futur imaginaire où nous entrons dans ce que Fred Vargas a appelé la « 3ème révolution », résumant ainsi la nécessité incontournable de faire face au bouleversement climatique, économique et écologique en cours.

Dans un monde d’après l’effondrement de la société industrielle, des hommes et des femmes ont survécu. Ils atterrissent dans le paysage composite d’un monde défait. Ni vraiment le jour, ni vraiment la nuit, le temps semble s’être disjoint dans une dimension nouvelle où fluctuent le clair et l’obscur. Figure de jardin d’Eden inversé en cauchemar global, cette expérience de l’étrange les conduit à se vivre en humanité où tout peut arriver. Chacun se met à inventer des modes d’existence et de relation à partir des éléments rencontrés. Ils se croisent les uns et les autres et imaginent ensemble des formes de vie. Des reflets de lumière appuyés sur leurs corps vont faire d’eux des ombres, des figures parfois fantastiques, animées par le désir de se relier à une nature résiliente et de se réapproprier autrement les restes de notre monde.

Pour ce spectacle, Thierry Smits a souhaité travailler in situ dans son lieu de création, le Studio Thor, de façon à immerger complètement ses interprètes et le public dans un dispositif scénographique vivant. Les danseurs aux profils très divers de par leurs qualités respectives y seront conviés à traduire les bouleversements et les mutations de ce monde. 

Cette oeuvre chorégraphique oscillant de manière non linéaire entre sombre fable méditative, réalisme cru et fantaisie débridée sera construite à partir d’images en lien avec un espace scénique structuré en archipel, chaque zone incarnant un futur possible. Rythmés par une série de noirs lumière, pannes d’énergie ou bascules mentales, les différents volets de l’oeuvre se feront entendre dans des compositions sonores mixtes, documentaires et musicales, comme issues d’un hors champ et d’un hors temps du plateau, rendant sensible ce que l’on ne veut pas entendre ou ce que l’on a voulu oublier.

S’appuyant sur des partitions initialement centrées sur l’individu et l’isolement, le chorégraphe nous fera passer du dénuement glacé de départ à un final choral traité sur un mode onirique au sein duquel reposent les ferments d’un monde à venir, le monde à inventer.

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