Dans sa performance, Yuna Choi aborde le stress et la peur d’achever une œuvre en les plaçant dans une distorsion ludique.
Tricoter, habituellement paisible, devient ici une action angoissante et brutale, avec une dimension humoristique.
Yuna Choi
Dans une vitrine fermée, l’artiste expose délicatement une robe de style vintage. Elle en tire le fil pour la tricoter à nouveau. Pendant six heures, elle disparaît peu à peu sous la pression du temps. Lorsque la dernière alarme sonne, Yuna revêt ce nouveau vêtement, quel que soit son degré d’achèvement, et coupe le lien avec la première robe.
La robe engage une réflexion sur la transformation, la valeur et la déconstruction–reconstruction. Elle évoque un héritage. Pour l’artiste, se raconte ici une histoire familiale, personnelle, de vulnérabilité.
Sa famille n’était pas dans le besoin, mais grâce au travail physique de son père, elle a pu étudier à l’étranger. Yuna a éprouvé un profond sentiment de dette envers lui. L’art, commencé par pur plaisir, avait perdu son sens ; il ne lui restait qu’un mélange d’impatience et d’inquiétude, et ses créations lui semblaient parfois n’être qu’un loisir coûteux.
Le geste répétitif, à la fois fragile et obstiné, interroge la valeur, l’imperfection et le rapport intime.
Yuna Choi (elle, la) est née en 1997 en Corée du Sud et arrive à Bruxelles en 2017. Actuellement en master 2 en Scénographie à La Cambre, elle développe une pratique centrée sur l’image narrative. Son travail consiste à établir une règle et à l’intégrer dans l’espace pour mettre en place une situation scénique. En exécutant des règles comiques, elle pose des questions intimes à la fois à elle-même et au public. Dans ce processus, son travail oscille entre le comique et le tragique. Yuna Choi avait participé à la treizième édition du festival Trouble avec sa performance intitulée “Sikgu”.
Infos
| DATE | CONTENU |
|---|---|
| 2026/04/251700 |
25.04.2026 17:00 > 23:00 Saint-Josse-ten-Noode |
Éclairage : Dominic Hughes
Performance durative de 6 heures.
Visible depuis l’extérieur du 49, rue Saint-Josse.
Entrée libre, sans réservation